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Plutôt que de vous présenter une photo d'un appareil sans vous écrire la moindre info, j'ai demandé l'aide d'un ami histoire d'en savoir un peu plus sur cet appareil récupéré récemment (début 2010) par le Musée (il était en prêt au Musée de l'ALAT à Dax).

Ci dessous dans les Réserves en Avril 2010.

BDM 01 F-WEPH, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

BDM 01 F-WEPH, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Le BDM 01 est ainsi désigné par l’initiale de ses trois «acteurs » : André Bruel, qui avait racheté le Nord 1710 à la SNCAN, et ses amis Durand et Molinari. Car le BDM, c’est le Nord 1710 modifié.

 L’histoire commence en 1946 avec le lancement à la SNCAN du Nord 1700 Norélic, sous la responsabilité de l’ingénieur André Bruel. L’appareil, un biplace, se caractérisait par deux solutions techniques très spécifiques :

- Son dispositif de roulis assuré par le déplacement latéral du moyeu rotor, monté sur un parallélogramme déformable,

- Son ensemble arrière constitué d’une hélice dans l’axe à l’extrémité de la poutre arrière, laquelle hélice venait souffler des volets verticaux et horizontaux pour servir d’anti-couple et permettre la commande de l’appareil en lacet et en tangage.

 Essayé en 1947, le N 1700 subit deux accidents dont le dernier nécessitait sa reconstruction. Pour des raisons économiques ce fut finalement une machine plus petite mais conçue selon les mêmes principes, qui fut mise en chantier : le monoplace Nord 1710.

 Jean Boulet fut détaché par la SNCASE auprès de la SNCAN pour assurer les essais : le 1er vol stationnaire libre eut lieu le 1er juillet 1950, la première translation fut réussie le 22 juillet, mais l’appareil, comme son  prédécesseur, se montrait rétif en tangage et surtout en lacet. Les modifications censées améliorer la situation n’eurent aucun effet positif et aboutirent même à un accident le 29 septembre.

 Après réparation et allongement de la poutre arrière, les essais reprirent au printemps sous forme de vols stationnaires. A la mi juin ils furent repris par André Onde, qui réussit la première translation –seulement en ligne droite- le 2 juillet, approchant les 40 km/h. Un nouvel accident, survenu le 19 juillet 1951 lors d’une tentative de circuit fermé, signa la fin des essais du Nord 1710.

 Le concepteur de l’appareil, André Bruel, constatant que la conception du moyeu rotor n’était pas en cause dans cet échec, racheta donc l’appareil pour en reprendre les essais à son compte personnel (Les essais ont été conduits sur le terrain de Saint-Cyr l’Ecole), après modification. Doté d’un rotor anticouple classique et de surfaces verticales latérales, le BDM 01 reprit brièvement les essais en 1959. Les difficultés de contrôle de la machine en tangage étaient demeurées trop importantes pour continuer le développement.

 Le Nord 1710 avait été construit à l’économie : exemple remarquable, la roue de ventilation est un simple disque de contreplaqué dans lequel ont été enchâssées des ailettes.  D’autre part on voit encore dans la poutre du BDM le canal de l’arbre arrière du N 1700. L’axe de l’anticouple du BDM a été monté largement au-dessus pour des raisons de garde au sol.

Philippe Boulay (Merci m'sieur ;-)))

BDM 01 F-WEPH, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Depuis son entrée dans les collections du Musée, l'appareil a pas mal bougé entre les différents lieux de stockage du Musée. Ci dessus dans les réserves de Chartres en juillet 1981, il passera ensuit dans les réserves à Villacoublay (il y était en 1988) et fut "prêté" au Musée de l'ALAT à Dax où il fut exposé quelques années. Récupéré par le Musée de l'Air au début 2010, l'idée était sans doute de l'exposer dans le hall de la voilure tournante....

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