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Premier appareil Français, équipé d'un moteur français, piloté par un équipage français (cocorico!!!) à avoir réussit la traversée de l'Atlantique nord les 13 et 14 Juin 1929 dans le sens USA / Europe, deux ans après Lindbergh. Assollant (avec deux "S" et deux "L"), Lefèvre et Lotti Réussirent cette traversée atypique.

Appareil entré au Musée de l'Air le 18 Novembre 1952.

Sacrée aventure que cette traversée!,

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Pour comparaison: Le Bernard 191 GR fut construit à 3 exemplaires. Le n°1 "France" piloté par Coudouret tenta sa chance dans la course à l'Atlantique le 25 aout 1928 au départ du Bourget. Tentative infructueuse. Cet appareil disparaitra le 7 juillet 1929 de retour d’Espagne à la suite d'une nouvelle tentative avortée. Coudouret y perdra la vie.

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Rocambolesque aventure que celle de cet avion, qui est intimement liée à celle d'Armand Lotti, le commanditaire de cette traversée de l'Atlantique nord.

Rendez vous compte.
Armand Lotti, Sous directeur de l’hôtel familial, perd l'usage d'un oeil lors d'un banal accident de chasse.

Par vengeance sur ce malheureux événement, il décide, sur un coup de tête, d'apprendre à piloter. Refusé par plusieurs écoles en raison de sa vue, c'est l'école Blériot à Buc qui finit par l'accueillir et il apprend à piloter avec Charles Quatremare mais sans possibilité de passer son brevet.

Une fois "laché" et ne pouvant "avoir plus", une idée germe en lui, l'Atlantique! Avec une bonne dose d'audace, aidé de quelques fonds, dont l'argent de l'assurance de son oeil meurtri, il parvient à acheter cet appareil et comme pour tous les appareils de grand raid, à se faire "prêter" un moteur Hispano Suiza. Tout cela dans le dos de ses parents qui ignoraient tout de cette histoire (Il a alors 31ans ;-))))

Ce n'est qu'une fois l'achat conclu qu'il contacte le pilote avec lequel il à décider de tenter la traversée. Joseph Le Brix!
Celui-ci déclina l'offre, étant engagé avec René Couzinet.

Se retrouvant propriétaire d'un appareil de grand raid sans aucun brevet de pilotage, il finit à force de persévérance à trouver un équipage.
Jean Assollant et René Lefevre, tout deux militaires. Afin de s'assurer de leur fidélité, tout comme actuellement en F1, Ils les invitera à participer financièrement à l'entreprise.


3 septembre 1928, départ. Armand Lotti, se cache à l'intérieur de l'appareil afin de passer inaperçu, toujours dans le souci d'éviter l'éventuel couroux de ses parents.
Et c'est le départ, l'appareil s"élance sur la piste du Bourget....... Et finit en léger cheval de bois en bout de piste. Le moteur à calé en plein effort, la faute à l'un des mécaniciens qui à refermé par mégarde la vanne d'essence principale juste avant le départ......

Le temps sur l'Atlantique s'étant dégradé, le "plan B" est mis en œuvre. Ce "plan B" consiste en un vol Le Bourget / Casablanca / Saint Louis du Sénégal / Atlantique sud / New Yok / Atlantique Nord / Le Bourget.... Un aller/retour sur l'Atlantique....!!!!

5 septembre 1928. Décollage du Bourget, (Lotti toujours caché dans l'appareil au moment du départ). Atterrissage à Casablanca.
6 septembre 1928 au matin. Décollage de Casablanca, puis, pour cause de surchauffe moteur, retour. Après réparation, le décollage est retenté pour 22h. Lors du roulage, l'Oiseau Canari est endommagé à cause d'un trou non matérialisé sur le terrain, difficilement visible de nuit.
Partie remise. Assollant et Lefèvre sont rappelés à la vie militaire et Armand Lotti s'occupe du stockage de l'appareil qui reste à Casablanca.

Début 1929, l'Oiseau canari est de retour en France et part en réparation chez "Bernard". A cette occasion, un équipement radio est installé, alimenté par une génératrice escamotable.
En même temps, le ministre de l'Air, Laurent-Eynac fait interdire les grands raids et le CDN du Bernard est refusé. Du coup, l'idée germe d'organiser une traversée au départ de l'Amérique, en transportant le Bernard par bateau.
Parallèlement, Assollant et Lefèvre quittent l'Armée.

17 avril 1929. Assollant et Lefèvre, s'envolent sous un faux prétexte de Orly à destination de Southampton. Armand Lotti ayant tout préparé sur place. Ce sont des ouvriers de l'Usine AVRO que se chargent de démonter l'appareil. Simplement tracté par la route, il est chargé sur un transatlantique à destination de l’Amérique, accompagné par Lefèvre.

Ne trouvant pas de terrain susceptible de convenir au décollage de leur appareil en pleine charge, l'équipage décide de l'installer sur la plage de Old-Orchard, longue de près de 2 kms. Pendant cette nouvelle période de préparation, un horizon artificiel moderne est installé dans l'avion.

20 mai 1929. Nouvelle tentative de traversée. Décollage sans problème et......... Retour après quelques minutes, pour cause de problèmes de compatibilité de l'essence Américaine dans un moteur Français.

13 juin 1929. Derniers préparatifs, pour un nouvel essai. Avant le départ, quelques précautions sont prises: Lotti, secrètement, vidange de 100L de carburant, des manteaux de fourrure et des provisions de bouche sont débarqués. Le tiroir de la table de navigation ainsi que quelques "bricoles" sont installés au centre de gravité de l'avion.
Alors que lors de la tentative du 20 mai, l'Oiseau Canari à décollé sans problème, cette fois il faut la quasi totalité des 2000 mètres pour que l'avion parvienne enfin à décoller en évitant de justesse la jeté barrant la plage.
La faute en incombe à un jeune Américain, Arthur Schreiber, Qui c'était caché dans le réduit dans la queue de l'avion. Imaginez le centrage d'un appareil surchargé d'essence avec un surpoids d'environ 70kg dans la queue...... Comment ont-ils pu décoller??????

Finalement, en route vers l'Europe et en comparant les consommations de carburant, décision est prise d'abandonner la route directe vers le Bourget et de faire route par les Açores afin de récupérer "de la terre" au plus tôt.
Bonne décision car après l'atterrissage sur la plage de Oyambre, près de Comillas, l'appareil est inspecté de fond en comble et force est de constater qu'il n'y a quasiment plus d'huile dans le moteur, ni d'eau dans le radiateur. Pour l'essence, il reste environ 100litres....

Pour pouvoir décoller de cette plage, le minimum de carburant nécessaire pour rejoindre Cazaux est embarqué. Trop peu d'ailleurs, ils seront obligés de se poser sur la plage de Mimizan en panne d'essence.....quelques litres de plus et Assollant emmène le "Canari" à Cazaux.

Enfin enfin! Décollage de Cazaux et un dernier vol les ramènent au Bourget ou les attendent une foule en délire...... Ouf!!!!!

Tiens une anecdote peu connue... Il y avait un cinquième passager dans cet appareil. Lors du départ de la plage Américaine, parmis la foule, un spectateur donne une boite à Armand Lotti. A l'intérieur... Un Caïman de 30 centimètres répondant au doux nom de... Rufus!!!!! L'animal survivra à l'aventure, et Lotti le donnera au Museum d'Histoire naturelle.... Pour poursuivre l'enquête, j'avais pris contact avec le Museum d'Histoire Naturelle qui n'a apparemment pas gardé trace de l'animal.

Après cette épopée, le Bernard et son équipage normal, se "taperont" la tournée des capitales. L'Oiseau Canari sera finalement racheté par le ministère de l'Air en 1932.

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Ci-dessus, le réduit dans lequel Arthur Schreiber c'était caché.
Dessous, la génératrice d'alimentation électrique de l'équipement radio. Toutes les heures de la traversée. Lotti sortira cet appareillage à l'extérieur afin de lancer des messages indiquant la position supposée.

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Direction le poste de pilotage. A droite, la table radio. Au fond le poste de pilotage. entre les deux, les réservoirs supplémentaires.
étonnant l'étroitesse entre les deux. Pour y être passé avec mon gros blouson sur le dos, j'ai cru un instant y rester bloqué.

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Un montage approximatif de trois photos montrant le poste de pilotage.

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Une rare sortie de l'appareil lors d'un événement nommé Paris Air Passion

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Ci-dessous, meudon en juillet 1976, en préparation pour son transfert vers le Bourget

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

13 février 2010 parmi les événements liés aux 80 ans de la traversée, une conférence est organisée au Musée en la présence de membre des familles de l'équipage.
Claude Laloi Vice-Président Association "Les Alouettes" des Anciens d'Eurocopter-EADS Patrimoine historique, à bien voulu m'indiquer le nom des personnes présentes sur cette photo.
"Parmi les membres des descendants de René Lefèvre et de Jean Assollant étaient présents :

Madame Michèle Filloux (fille de l'Inspecteur Général de l'Armée de l'Air André Lefèvre) et nièce de René Lefèvre sa fille Véronique et son fils qui ont apporté
la « Pilot Chart » avec les tracés de routes et les calculs de René Lefèvre durant la traversée.

Messieurs Norbert et Rolland Lefèvre (fils de Gabriel Lefèvre frère de René Lefèvre) et neveux de René Lefèvre qui nous ont donné la pelisse en peau de mouton de pilote de René Lefèvre qui sera exposée au Musée de l'Air au pied de l'Oiseau Canari. Cette pelisse avait été offerte ainsi qu'à Assollant et Lotti par un célèbre fourreur new-yorkais.

Guillaume Bernache-Assollant cousin de Jean Assollant.

De notre association membres de l'AMPE Jacques Hamann (représentant Claude Goumy Président AMPE) Michel Delétain et Christian Legois également le Président Scheller de l'AAAF."

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Devant les pieds de l'assemblée, une carte d'époque.

Bernard 191 GR n°2 "Oiseau canari", préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

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