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Avion bi-triplace d'école et de tourisme.
L'histoire de cet appareil est en bas de page...

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Ci-dessous en restauration dans l'atelier de Meudon. Le fuselage présente quelques "aérations"...

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Exposé dès l'ouverture du hall E, devenu par la suite Hall 10.

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

Retiré de l'exposition depuis la fermeture du Hall E le 9 mai 2012. De nouveau exposé depuis la réouverture du hall de l'entre deux guerre en juin 2013.

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

 

L'ami Sylvain Callais vient de me signaler ce texte extrait du livre "l'espion de la Ligne Siegfried" - Pierre Croissant - 2005 - Éditions Alphil

Potez 43-7 n°3588.11 F-APXO, préservé au Musée de l'Air et de l'Espace du Bourget

L’aventure du Potez 43

Pour Armand Chouffet, la photographie au sol n’était qu’un palliatif économique, d’ailleurs très aléatoire, qui ne correspondait nullement à sa spécialité et à ses aspirations. La pratique de la photo aérienne imposait quant à elle la location d’avions, rares et donc très chers après la guerre. « Om m’a promis du matériel volant mais il s’avère que celui qui n’a pas son matériel personnel ne peut presque plus travailler en région parisienne », écrivait-il à un ami.

En 1954, Amand Chouffet prit la décision d’acheter un avion… Le projet était audacieux ; au prix de l’appareil s’ajoutaient les dépenses de garage, d’assurance, etc. et les frais exorbitants de maintenance. Tout cela pour une hypothétique activité dépendante de nombreux impondérables dont naturellement la météorologie : des interruptions de deux semaines consécutives pour cause de brume étaient fréquentes en région parisienne. Avant de consulter les banquiers, l’aviateur sollicita son père. « Cela fit un drame : imaginez ce que signifiait, pour un paysan, une somme de deux millions de francs pour acheter un avion !... » , se souvenait sa sœur. C’est en association avec son ami Louis Delavenne qu’Armand Chouffet se lança dans la rocambolesque aventure du Potez 43.

Pourquoi ce type d’appareil ? Il semble que deux raisons prévalurent dans le choix du Potez. La première est d’ordre technique : cet avion avait été conçu et fabriqué avant la guerre mais, en raison de sa grande diffusion, des pièces détachées neuves étaient encore disponibles sur le marché. Le second motif, plus affectif, est davantage cité dans ses correspondances : c’est à Bord d’un Potez 43, celui que lui confia André Sérot en 1936, qu’il réalisa une partie de ses missions clandestines sur la ligne Siegfried…

L’appareil que dénicha Armand Chouffet en 1955 à Meung-sur-Loire, près d’Orléans, avait été construit en 1932. Immatriculé au nom de l’État en 1938 lors de sa dernière inspection, il était depuis lors « en suspension de cote pour défaut de visite » et probablement oublié, durant la guerre, dans un hangar d’aéro-club. Alors qu’un Potez neuf coûtait 5 millions de francs en 1955, soit la valeur cumulée de tout son matériel photographique, l’avion fut acheté au prix de 750 000 francs. Son ami pilote Louis Delavenne versa 450 000 francs et fut de ce fait le propriétaire en titre de l’appareil, Armand Chouffet s’acquitta du solde, presque entièrement couvert par un prêt bancaire. Sous son hangar de terrain de Mitry-Mory, l’avion démonté fut réceptionné par le Montbéliardais le 21 novembre 1955. Il y demeura le temps nécessaire à l’aménagement d’un atelier de réparation dans une ancienne remise à charbon du garage Delavenne, boulevard Pereire à Paris.

« J’avais remonté soigneusement un Potez 43 à moteur Renault que je crois être celui que m’avait passé André Serrot ; il tourne bien mais le moteur n’est plus le même, 120 chevaux au lieu de 140 […] c’est toute une histoire, mais j’y tiens à titre de souvenir », écrivait-il en 1961. Cet avion, immatriculé F-APXO, n’était probablement pas celui du service des communications militaires de Belfort puisque de 1936 à 1938, il avait été mis par l’État à la disposition de l’Aéro-Club de Troyes pour les besoins de l’Aviation populaire. Dans l’expression c’est toute une histoire, il y avait surtout une affaire compliquée de changement de moteur et une suite de démêlés fiscaux. Dans un premier temps, Armand Chouffet, dont la qualité d’excellent mécanicien fut soulignée par le directeur de la CAF, crut pouvoir augmenter lui-même les performances du moteur par le remplacement de certaines pièces. Il semble qu’il y réussit. Mais un obstacle rédhibitoire vint contrecarrer son projet : il n’obtint pas le visa de bureau Véritas chargé de l’inspection périodique des aéronefs.

En 1957, Armand Chouffet appris la mort accidentelle de son ami Francis Simon, son ancien collègue de la compagnie Moreau de 1932, qui se tua lors d’une cascade aérienne au-dessus de l’aérodrome de Dakar. Or son avion était doté d’un moteur Renault de 140 chevaux. C’est à sa sœur Madeleine, demeurant à l’époque au Sénégal, que l’aviateur de Montécheroux confia la mission d’acheter le moteur, au prix de 10 000 francs CFA, de le faire »dégrouper » de l’épave par un atelier local et de le rapatrier. La « grande visite » fut réalisée par le personnel aéronautique du Bourget en 1959 et l’avion fut à nouveau présenté au bureau Véritas qui délivra enfin un rapport d’expertise favorable en juin 1960, soit cinq années après l’achat de l’appareil…

Économiquement, l’achat du Potez fut une erreur. Amand Chouffet ne parvint jamais à atteindre un niveau de commandes compatible avec l’amortissement de l’avion et les frais fixes engendrés par son acquisition. Par ailleurs, il reconnaissait volontiers n’être pas très rigoureux dans la gestion de son entreprise, ce qui le mettait en état d’impécuniosité permanente. Après de nombreux commandements et, écrit-il le 3 août 1962 à Balleyguier, « deux jours de prison pour retraite vieillesse » peut-être pour le non-paiement d’une somme due à ce titre ses biens furent en partie saisis. Le matériel photographique, en principe insaisissable en tant qu’outil de travail, fut épargné mais le Potez qui, en définitive ne vola que d’avril 1960 à la fin de 1962, fut confisqué par l’administration et acquis aux domaines.

Le registre d’immatriculation des avions de tourisme mentionne que 117 Potez 43 étaient en service après la guerre. En 1955, un seul de ces avions volait encore mais plus aucun en 1965. L’avion d’Armand Chouffet et de Louis Delavenne est aujourd’hui au musée de l’Air et de l’Espace du Bourget. Toujours immatriculé F-APXO, repeint dans sa livrée originale blanche et rouge, il conserve deux dispositifs bricolés par l’ancien propriétaire : sous le siège du passager, l’ouverture et les quatre boulons destinés au logement et à la fixation de l’appareil photo « verticales » , et sur le manche à balai, l’anneau de bois permettant de la manœuvrer avec les genoux afin de laisser libres les mains pour les vues obliques. Quant au moteur, il s’agit bien d’un Renault de 140 chevaux, celui de Francis Simon. Le vieux Potez fut radié des contrôles le 16 novembre 1971 et redevenu propriété de l’État après l’épisode Chouffet, il connut une dernière affectation : la galerie de l’aviation légère du musée du Bourget où l’on ignorait son histoire. Il serait le seul Potez 43 visible aujourd’hui…

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